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postheadericon Mort de Saül et Jonathan

Paru dans La Grotte d'Azil, p. 160.

Cime de Gelboé, source de Jisréel,
Comment donc sont tombés les vaillants d’Israël !

Oh ! n’allez pas dans Gath en semer la nouvelle,
Ni sur les places d’Ascalon !
Leurs vierges, leurs enfants, tout ce peuple infidèle,
Chanteraient, en dansant, avec dérision,
Hélas, notre angoisse mortelle !

Cime de Gelboé, source de Jisréel,
Comment donc sont tombés les vaillants d’Israël !

Gelboé, Gelboé, que jamais la rosée
Ne féconde tes noirs sommets !
Qu’aucun doux vent jamais sur ta croupe embrasée
ne souffle, et que la mort t’habite désormais,
Cime de leur sang arrosée !

Cime de Gelboé, source de Jisréel,
Comment donc sont tombés les vaillants d’Israël !

Ton arc, ô Jonathan, revenait des batailles
Engraissé du sang des mourants !
tes flèches des guerriers dévoraient les entrailles !
Et ton glaive, ô Saül, répandait dans leurs rangs
L’épouvante et les funérailles !

Cime de Gelboé, source de Jisréel,
Comment donc sont tombés les vaillants d’Israël !

Saül et Jonathan, beaux, brillants, intrépides,
Sont morts sur les mêmes sillons,
Et dans un seul combat, eux dont les pieds rapides
Avaient le vol de l’aigle et le bond des lions,
Ô monts, ô plaines homicides !

Cime de Gelboé, source de Jisréel,
Comment donc sont tombés les vaillants d’Israël !

Vierges, pleurez Saül ! Pleurez l’heure fatale

Du roi qui vengeait vos affronts,
Faisait fleurir vos jours sur la terre natale,
Vous vêtissait de pourpre, et semait sur vos fronts
L’or et la perle orientale !

Cime de Gelboé, source de Jisréel,
Comment donc sont tombés les vaillants d’Israël !

Jonathan, que ne suis-je avec toi dans la tombe !
Je t’aimais de ce tendre amour
Dont on aime une vierge ! Hélas, mon cœur succombe
Et mon âme au désert avant l’aube du jour
Soupire comme la colombe !

Cime de Gelboé, source de Jisréel,
Comment donc sont tombés les vaillants d’Israël !