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Paru dans La Grotte d’Azil, p. 28.

Vois l’amoureux ramier et la tendre colombe
Revenus du midi sur l’aile du zéphyr :
Comme le feu du ciel, l’amour sur leur cœur tombe
Et l’embrase, empourprant leur gorge de saphir
Leur gosier gémissant qui palpite et succombe
Semble une fusion de diamants d’Ophir.
Et l’œil ravi croit voir, en d’ondoyantes flammes,
Dans leurs brûlants soupirs, s’évaporer leurs âmes.

Ô mystère charmant, douloureux et vermeil !
Ô céleste désir dont l’éclair nous embrase !
Aiglon de feu dont l’ongle, au tonnerre pareil,
Ravit l’âme, ou la roule, ou sur le sol l’écrase !
La revêt des rayons de l’éternel soleil,
Et l’étreint jusqu’aux cieux plaintive dans l’extase !
Mais là, joyeuse épouse, elle marche à l’autel,
Et s’unit, triomphante, à l’amant immortel !