gototopgototop
Accueil > L'Historien > Camisards et Protestantisme > Histoire des pasteurs du Désert

postheadericon Histoire des pasteurs du Désert

La fin du camisard Esprit Séguier

Chemin faisant, le capitaine Poul, qui n'avait pas l'âme tendre, s'avisa de dire à Séguier:

— "Eh bien, malheureux! présentement que je te tiens, après les crimes que tu as faits, comment t'attends-tu d'être traité ?"
— "Comme je t'aurais traité moi-même, si je t'avais pris", répondit le prophète héroïque.

Il comparut devant ses juges avec son air calme et fier. Il ne répondait que par des passages bibliques:

— "Votre nom ?
— Pierre Séguier.
— Pourquoi vous appelle-t-on Esprit ?
— Parce que l'Esprit de Dieu est en moi.
— Votre domicile ?
— Au désert, et bientôt au ciel.
— Demandez pardon au roi !
— Nous n'avons, nous, d'autre roi que l'Eternel.
— N'avez-vous pas au moins remords de vos crimes ?
— Mon âme est un jardin plein d'ombrages et de fontaines."

Il fut condamné à avoir le poignet coupé et à être brûlé vif au Pont-de-Montvert ; Nouvel à être rompu vif à Ladevèze, et Bonnet à être pendu à Saint-André-de-Lancize.

Sur le bûcher (samedi 12 août), le prophète, toujours calme et superbe, disait au peuple: "Frères ! attendez et espérez en l'Eternel ! Le Carmel désolé reverdira, et le Liban solitaire refleurira comme une rose."